En République démocratique du Congo, les multinationales emploient des milices armées

Des exploitants artisanaux d'or dans une carrière abandonnée à Kolwezi.Des exploitants artisanaux d'or dans une carrière abandonnée à Kolwezi.

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Entretenir une milice est devenue la panacée des multinationales pour avoir accès aux ressources minières de République démocratique du Congo (RDC). Ce qui fait qu’elles pullulent dans les carrés miniers. Malheureusement, même dans cette œuvre macabre, la main d’œuvre est congolaise puis que la jeunesse est au chômage. Ça ne coute que deux vielles armes pour contrôler des villages, des carrées miniers et mettre en respect les FARDCs. Mais le cout humain reste énorme : 15 millions des vies.

La théorie générale de la guerre est qu’elle est couteuse. Elle demande des sérieux investissements surtout en armements de pointe pour avoir le dessus sur son adversaire. C’est puisque l’armement coute cher que les armuriers sont des milliardaires depuis la nuit des temps.

Des exploitants artisanaux d'or dans une carrière abandonnée à Kolwezi.

Des exploitants artisanaux d’or dans une carrière abandonnée à Kolwezi.

Cependant, on ne fait pas la guerre pour la guerre. On fait la guerre pour un but précis. Et quelques soit les idéologies qui peuvent motiver les guerriers, le seul vrai but d’une guerre est économique. Conquérir un territoire signifie le contrôler. Et contrôler signifie exploiter. La guerre et  l’idéologie (politique, philosophie, sociologie,..) sont des esclaves de l’économie pure et simplement.

Au Congo RD, on a trouvé un moyen simple de contourner le coup d’une vraie guerre, d’une vraie rébellion : la milice armée.

 

Le raccourci.

Le cas de la RD Congo est particulier. Les économistes véreux ont toutes les bonnes raisons de faire la guerre au Congo. On y trouve tout ce dont on peut rêver pour s’enrichir.

Pour avoir accès à ces énormes richesses, il faut non seulement signer des contrats couteux avec le gouvernement en place mais aussi implanter une usine dont l’équipement n’est pas à la portée de toutes les bourses. Pour se passer de ce cout énorme, les entreprises qui n’ont qu’un seul but (faire des profits), ont trouvé le chemin le plus court : la milice.

Il suffit de deux vieux Kalachnikov et de cinquante hommes pour contrôler plus d’un village et des carrés miniers. Ainsi, on utilise les creuseurs artisanaux pour extraire ces matières précieuses du sol en contrepartie du droit à respirer et quelques centimes en francs congolais (en minuscules). Un pays où plus de 70% de la jeunesse est au chômage quoique bardée des diplômes universitaires, ce n’est pas la main d’œuvre qui manque.

Les multinationales et les puits du Congo.

Vous le savez si bien, vous ne lisez ces lignes que puisque votre téléphone, votre ordinateur utilise le Coltan du Congo. Le cobalt que le Congo possède à près de 80% de la production mondiale est intournable dans le secteur des superalliages (environ 25 % du cobalt mondial est utilisé dans la fabrication de superalliages destinés, en particulier, à la fabrication de réacteurs d’avion et autres types de turbines) et des batteries (environ 10 % du cobalt mondial sont utilisés dans la fabrication de batteries lithium-cobalt).

Pour ne pas citer l’or de l’Ituri, le diamant et l’uranium des Kassaï, le cuivre du Lualaba, le bois de l’Equateur, et j’en passe.

Combien ça coute à Huawei (Chinois), Windows, Apple(Américain), Sonny (Japonais ou Finlandais), Zec, Samsung, et toutes les marques Guangzhou de financer une petite milice et faire des milliards en intérêts sans débourser autant ?

Le cout humain et l’histoire qui se répète.

Malheureusement ce qu’elle coute en termes de vies vaut plus que tout l’argent du monde. Voilà une guerre qui dure depuis une vingtaine d’années et que le monde banalise mais qui a couté la vie à plus de 15 millions d’âmes congolaises.

Une guerre mondiale pour les richesses naturelles se passe au Congo depuis deux décennies et personnes n’en parle. Puisque tous en profitent. Tout comme les  15 millions d’âmes que fit périr le Roi Léopold II dans la récolte d’Hévéas et dont personne ne parlait. La moitié de la population Congolaise d’alors périt puisque l’occident avait besoins d’Hévéas pour fabriquer le pneu. Aujourd’hui l’histoire se répète, petit à petit, et le congolais a une mémoire de poule.

 

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