Beni-Ebola : La résistance contre la campagne Ebola intimement liée la suspicion d’une guerre d’occupation.

Dans un quartier de Beni, la population manipule un corps d’une victime d’Ebola après une altercation avec une équipe d’enterrement digne et sécurité (EDS)Dans un quartier de Beni, la population manipule un corps d’une victime d’Ebola après une altercation avec une équipe d’enterrement digne et sécurité (EDS)

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Dans un quartier de Beni, la population manipule un corps d’une victime d’Ebola après une altercation avec une équipe d’enterrement digne et sécurité (EDS)

Dans un quartier de Beni, la population manipule un corps d’une victime d’Ebola après une altercation avec une équipe d’enterrement digne et sécurité (EDS)

Pour comprendre la résistance qu’oppose la population de Beni face à la campagne d’éradication de l’épidémie de la maladie à virus Ebola, il faudra se mettre dans la peau des habitants de Beni pour comprendre leur état psychique.

Ca fait effectivement quatre ans que la population du Grand-Nord de la province du Nord Kivu se sent pris en étau dans ce qui semble être le dernier virage d’un complot qui ne dit pas son nom.

Quatre ans durant lesquelles plus de 2000 personnes ont été massacrées par armes blanches (machettes, haches, couteaux,…), assassinées par des armes à feu, des personnes kidnappées sans espoir d’être retrouvés et autant des bétails emportés dans les fermes des particuliers sans qu’une bête ne laisse trace ni crotte.

La peur de l’inconnu fatal.

Dans cette peur de l’inconnu, l’armée ayant montré ses limites dans la protection de la population, pire encore, ne fut-ce que dans  d’identification de l’ennemi qui parait comme un monstre à plus d’une tête : tantôt des rebelles ougandais ADF-MTM, des miliciens maï-maï (enfants de la région), des rwandais sans terre. Le tout dans un plan d’occupation des terres par des populations rwandaises, création d’un Etat islamique ou carrément de la balkanisation du pays.

La physiologie nous informe que dans un mécanisme naturel de défense, le corps est sensible à toute information tendant à dissiper ce flou informationnel sur le problème qui l’attaque. Dans ce contexte, l’information négative est la plus réceptive par le corps. Car elle représente toujours une menace à contrer le plus urgemment que possible.

Ce qui justifie la prolifération des informations négatives, dites intox, dans les villes de Beni et Butembo. C’est dans ce contexte que la ville de Beni est sur connectée sur les réseaux sociaux, particulièrement, WhatsApp, pour avoir les nouvelles les plus fraiches à l’instantanée. Cette facilité offerte par l’ère du WhatsApp devient un nouveau défi dans tout ce qui passe dans cette région, y compris la  campagne de lutte contre la maladie à virus Ebola.

En effet, la compagne contre la maladie à virus Ebola n’est pas la première qui subit la résistance même si celle-ci a atteint des proportions insoupçonnables frisant la dérision.

Que ça soit, la distribution des moustiquaires contre la malaria, la vaccination contre la polio, la rougeole,… il y a toujours eu une résistance d’un certain degré. Cette résistance est justifiée en grande partie par les informations ayant lien avec une certaine guerre d’occupation pour installation d’un peuple étranger dans la région après extermination de la population autochtone.

Logiquement, un citoyen de Beni s’imagine mal qu’on déploie assez des moyens financiers pour lutter contre la maladie alors que des personnes se meurent par des armes des guerres sans cause. En toute logique, le citoyen voudrait que tous les moyens soient mis dans le rétablissement de la paix afin qu’il vaque librement à ses occupations qui permettront d’avoir les moyens de se payer les soins. En moins que ces dons n’aient un agenda caché. Pourtant, certaines maladies, dites épidémiologiques, dépassent de loin des considérations nationales pouvant représenter un danger mondial vue la vitesse de sa propagation et sa mortalité.

Au mauvais moment, au mauvais endroit.

La maladie à virus Ebola s’est déclarée dans la région à une période particulière où non seulement les attaques des rebelles atteignent le centre-ville de Beni et de la cité d’Oïcha mais aussi la veille des campagnes électorales où tous les coups sont permis pour gagner le fauteuil.

Des alertes d’une ONG d’Oïcha rapportent que des maisons sont construites dans le Kamango par une ONG internationale pour accueillir les peuples envahisseurs, une zone non accessible par des civiles. Même si cette version est taxée de fausse par la MONUSCO renvoyant les journalistes à Google Earth pour vérifier par eux-mêmes, par-delà l’assurance de l’administrateur du territoire promettant la réouverture de cet axe pour bientôt, cette théorie d’une guerre d’occupation est confortée par l’arrestation, dans les villes de Beni, Butembo et en cité de Kasindi, des plusieurs personnes d’expressions, de tonalité ou de physiologie rwandaise qui disent quitter le territoire de Rutsuru pour la zone sous occupations par des rebelles inconnus. Ces migrants disent souvent répondre à l’appel des leurs conjoints, frères et amis qui leurs demandent de venir cultiver dans ces nouvelles terres d’espoir. Un fait combien étonnant, car on s’y imagine mal que des gens aillent cultiver dans une région abandonnée par des autochtones à l’occupation des rebelles. La seule personne pouvant cultiver avec des rebelles ne pouvant être que leur complice. Néanmoins, des autorités provinciales rassurent souvent que ce sont des congolais et par ce fait, ils ont le droit de circuler librement dans leur pays.

Arme biologique.

Dans cette psychose généralisée d’une guerre d’occupation, il suffit de soupçonner n’importe quelle action, même faite de bonne intention, pour qu’elle soit foncièrement mauvaise. C’est ainsi que des soupçons sur les  dons en médicaments, des vaccins, comme des éléments visant à rendre infécondes toute une communauté afin de favoriser son extermination, devient l’allumette qui met le feu sur le tank de kérosène.

C’est en prenant compte de ces facteurs prépondérant de la compréhension psychique de la population que l’équipe en riposte doit orienter sa communication afin de trouver les mots justes pour se faire comprendre par la population.

Hervé Mukulu

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