Personne ne nous offrira ni paix ni développement

Article : Personne ne nous offrira ni paix ni développement
29 juin 2019

Personne ne nous offrira ni paix ni développement

Le latex d’Hévéas produit à Yangambi en entente d’évacuation vers Kisangani par une barque motorisée, province de la Tshopo, RD Congo© Hervé Mukulu
Le latex d’Hévéas produit à Yangambi en entente d’évacuation vers Kisangani par une barque motorisée, province de la Tshopo, RD Congo© Hervé Mukulu

Le lendemain fut le jour des élections présidentielles et législatives nationales.  Néanmoins, en bon chrétien, le dimanche matin, tout le monde commença à la messe. Tout le monde attendait le dernier mot du Curé sur cette polémique désastreuse qui met le peuple dans l’embarras.  Et le curé donna le mot de passe en deux proverbes à la fin de son homélie :

« Omundu akalya ovwatsumba.» (Une personne mange le foufou qu’elle a pétri. On ne récolte que ce que l’on a semé. » Lorsque quelqu’un vous aide régulièrement, l’une des rare fois qu’il a besoin de vous, vous devez payer votre dette. En moins d’être aussi ingrat qu’un singe. Une fois le succès devient éclatants, les jaloux deviennent nombreux et inventent toute sorte d’histoires pour vous couler. Il faudra être  stupide pour tomber dans leur piège. Je sais que nous sommes largement au-dessus de cette bassesse. La reconnaissance nous a toujours caractérisés.

Ayant dit l’essentiel, le curé se retourna pour rentrer à sa place afin de clore la liturgie. Un pas fait, il se retourne encore vers le pour leur parler.

Néanmoins, j’aimerai attirer votre attention sur une chose. Nous le peuple, nous sommes le levier du développement de notre pays. Un adage nous dit que : «  Le poisson ne commence à pourrir que par la tête ». Mais il est possible de guérir un corps malade en stoppant le pourrissement qui n’a pas encore atteint tout le corps.  Il nous faut appliquer une certaine acupuncture adaptée à notre pays. Je voudrais être franc avec vous. Le Kongo, notre pays est un puits mondial.  Nous devons partir de l’histoire. Au moment du partage de l’Afrique entre les grandes puissances coloniales, aucune puissance n’était prête à laisser cette case d’Ali Bada à une autre. Le malin Roi des Belges ne reçut ce grand pays que puisqu’il promit le ‘libre accès’ aux autres puissances. Ainsi, notre pays devint un puits international. Toutes les puissances pouvaient venir se servir au Congo. Plus d’un siècle plus tard, la donne n’a jamais changé. Le Congo donne toujours solution aux problèmes économiques du monde. C’est l’Hévéa du Congo qui fabriquait des pneus lors de cette découverte qui révolutionna l’automobile. Au détriment des congolais, cet hévéa entraine la coupure de plus de millions des mains des congolais sans compter les morts. C’est l’huile du Congo qui boosta la fabrication du savon d’Unilever. C’est le cuivre et le Cobalt du Congo qui alimentaient  la guerre américaine contre le Vietnam. C’est le Coltan du Congo qui vient d’enrichir la Chine. Et aujourd’hui, c’est l’ère du Cobalt. Le Saint-Gall du siècle. Pensez-vous qu’il y a une puissance prête à laisser la gestion de ce pays à un nationaliste du genre Lumumba qui passera en premier les intérêts du pays ? Pourtant, nous ne pouvons  pas nous résigner fatidiquement, en disant : «  Notre destin est scellé, nous n’y pouvons rien ». Nous devons nous battre tout en sachant que notre combat sera très très très très long. La grande décision que nous devons prendre est d’adapter notre combat à notre situation. Le Mahatma Gandhi et Martin Luther King ont appliqué la « non -violence » et ont obtenu des résultats probants.  Mais quand Mandela a voulu appliquer la même idéologie en Afrique du Sud, il a vite compris qu’il faut s’adapter. Il a ajouté une dose de lutte armée qui a donné ses résultats. Pour notre pays, nous ne devons pas attendre que le développement commence seulement par le Haut. Pour la Présidence, depuis l’indépendance le pays n’est gouverné que par des politiciens sans visions. Pour gérer une telle richesse qu’est le Kongo, il faut quelqu’un qui a l’habitude d’en gérer autant pour qu’il ne tombe pas dans la folie d’une richesse subite. Le Kongo étant un puits des richesses, il faut un businessman chevronné pour pouvoir gérer cet Etat comme une entreprise avec des obligations de résultats. Savez pourquoi les nouveaux riches meurent vite ? C’est puisque d’un jour au lendemain, une fois devenus riches, ils changent complètement de régime alimentaire. Le corps ayant été habitué à un certain repas se trouve complétement déséquilibré et ne sait plus comment fonctionner. C’est aussi valable pour la gestion d’un trésor. Si vous accordez la gestion à un parvenu, tout ce qu’il fera en premier, c’est remplir son vendre. Alors qu’un  monsieur habitué à l’aisance, un sérieux business man ne cherche qu’à fructifier tout ce à quoi il touche.  La nation congolaise est dans le devoir d’être géré par un vrai businessman, qui a un sérieux bagage dans le cerveau, une grande expérience et plein d’honnêteté. J’insiste sur l’honnêteté.  Car certains businessmen ont profité de leurs positions pour se remplir les poches et réapparaitre plus tard comme des agneaux.  Ce genre de loup ne fera que ce qu’il sait faire le mieux. S’enrichir au dépend de tous. Mais celui qui s’est fait tout seul, un self-made-man, qui a géré sa richesse loin des favoritismes saura gérer la nation au profit de tout le monde. Il faut  aussi que le développement  vienne  par le bas. Nous devons nous assurer de voter pour des bons délégués municipaux, des bons conseillers municipaux, députés provinciaux et nationaux. Ces déléguées et conseillers municipaux  qui nous choisirons de bons bourgmestres et Maires. Ces députés qui nous contrôlerons des Gouverneurs et des ministres. Si un Maire est incapable de jeter un pont entre deux quartiers, ce n’est pas un problème d’impérialisme. Si un Gouverneur ne sait évacuer les immondices de la ville,  ce n’est pas un problème d’impérialisme. Si un ministre ne sait assurer l’hygiène des latrines scolaires, ce n’est pas un problème d’impérialisme. Si les fonctionnaires ne sont pas bien payés, ce n’est pas un problème d’impérialisme. Si les cours et tribunaux deviennent le tremplin de la corruption, ce n’est pas la faute à l’impérialisme. Si nous luttons contre la corruption et partageons équitablement les recettes de l’Etat, ce sera un grand pas vers le développement.  Pour ça, votons pour les élus que nous allons contrôler. Que nous pouvons démettre de leurs fonctions s’ils ne remplissent leurs fonctions. Allons voter « utile ».

Un prêche hautement politique qui n’étonna personne. Car la limite entre l’église romaine et la politique n’existe plus dans ce pays. Cette église se veut au milieu du village mais quand le bas peuple est opprimé, elle se bat bec et oncles aux cotés des opprimés comme le recommande le doux Jésus.

Ceci est un extrait du roman « Les damnées d’une démocratie naissante ». Téléchargez le roman sur ce lien

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