Ebola : pourquoi les échantillons traînent au laboratoire ?

Article : Ebola : pourquoi les échantillons traînent au laboratoire ?
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3 juillet 2019

Ebola : pourquoi les échantillons traînent au laboratoire ?

Image d’un laboratoire d’analyse du virus Ebola en projection © Hervé Mukulu
Image d’un laboratoire d’analyse du virus Ebola en projection © Hervé Mukulu

24 heures s’écoulent parfois avant que la famille ne soit fixée sur les analyses du défunt.

Car, afin d’éviter la propagation du virus Ebola, tout corps doit être testé au laboratoire d’analyse pour savoir si le défunt a succombé à cette maladie. Ainsi, la famille est censée appeler les équipes de la réponse à Ebola pour un prélèvement d’échantillon, et attendre les résultats pour enfin procéder à la cérémonie de deuil, si la personne est testée négative.

Si c’est positif, les équipes d’Enterrement Digne et Sécurisé (EDS) se chargent de son enterrement avec assistance d’un membre de la famille.

Néanmoins, c’est le temps que prennent les analyses qui énerve régulièrement la famille. Certaines patientent jusqu’à deux jours avant de pouvoir récupérer le corps testé négatif du membre de la famille. Ce qui crée des altercations.

Mais combien de temps prend une analyse d’un échantillon au laboratoire ? Junior Bulabula, responsable du Laboratoire de Beni répond :

« Une fois que l’échantillon est acheminé au laboratoire, l’analyse prend au maximum trois heures. Mais, si tout va bien, on peut le faire en deux heures. Mais aussi cela dépend des circonstances.  Il arrive que le laboratoire reçoive une centaine d’échantillons à analyser.  Néanmoins, les échantillons prioritaires sont ceux des personnes qui attendent leur déchargement et ceux des décès communautaires, c’est-à-dire les personnes mortes en dehors d’un centre de traitement Ebola.  Ils sont analysés en priorité quel que soit la fille d’attente d’échantillon. Le retard accusé est dû peut être à la transmission des résultats. Nous, dès que le résultat est disponible, il est communiqué, premièrement à la coordination, puis au centre de traitement où le patient est interné. »

Quant au déchargement d’un malade, il faut deux tests au laboratoire en intervalle de 48 heures. Si l’analyse sort négative aujourd’hui, il faut attendre 48 heures pour prélever un autre échantillon pour analyse. S’il est aussi négatif. Alors la personne est déchargée.

Pourquoi ne peut-on pas installer les laboratoires dans centres hospitaliers puisque la population a peur du Centre du Traitement Ebola (CTE) ?

Le laboratoire d’analyse du virus Ebola n’est pas un laboratoire classique. C’est un laboratoire qui exige une rigueur dans la bio analyse. Il y a des mesures préalables qu’il faut prendre en compte. Il demande aussi un espace assez large pour séparer les différentes zones.  Or la plus plupart des centres hospitaliers n’ont pas d’espace souligne Junior Bulabula.  Docteur Gaston Chependa, coordonnateur de la sous-coordination de Beni, ajoute que « c’est un laboratoire qui coûte cher, entre 700 milles et 1 millions de dollars » pour sa mise en place. On ne peut pas en avoir pour chaque centre hospitalier.

Hervé Mukulu

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